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La hiérarchie c’est comme les étagères, plus c’est haut et moins ça sert !

A chaque début d’année, la DRH des ministères sociaux transmet aux organisations syndicales les listes d’avancement et autres tableaux d’avancement. Dans un temps pas si éloigné, ces listes étaient présentées lors des CAP/CCP aux représentant.es syndicaux élu.es dans chaque corps ce qui permettait aux organisations syndicales les plus contestataires d’exercer un certain contre-pouvoir contre les décisions trop souvent arbitraires de l’administration et de défendre les collègues victimes de ces décisions injustes.

S’agissant du tableau d’avancement au grade de directeur du travail au titre de l’année 2026, nous avons découvert que les vingt premier.es candidat.es bénéficiaient de cette promotion au 1er janvier 2026. Habituellement, les candidat.es étaient promu.es à la date de prise d’un nouveau poste correspondant à leur grade ce qui semble être toujours le cas pour les candidat.es classé.es au-delà de la vingtième place sur le tableau. N’est-ce pas le minimum que de devoir occuper un poste sensé correspondre au grade obtenu au « mérite » ?

Interrogée à plusieurs reprises par les organisations syndicales sur les modalités de ces promotions, la DRH a d’abord fait semblant de découvrir cette particularité et n’a jamais répondu aux interpellations des représentant.es syndicaux. Il aura fallu attendre le 18 mars pour découvrir dans le JO les arrêtés portant promotion de grade pour ces agent.es qui vont bénéficier de leur promotion au choix sans mobilité ni géographique, ni fonctionnelle. Quelle injustice quand on pense à nos collègues catégorie C qui passent un concours très sélectif pour passer en catégorie B et à qui on demande de prendre des missions supplémentaires pour justifier leur gain salarial mensuel de quelques dizaines d’euros supplémentaires.

Il convient déjà de souligner que le passage en catégorie A+ dans notre administration n’est ouvert que par la voie de tableau d’avancement, contrairement à d’autres administrations où deux voies sont ouvertes : avancement au choix ou concours/examen professionnel (concours inspecteurice principal.e des finances publiques, examen professionnel d’avancement au grade d’attaché.e principal.e, concours inspecteurice principal.e des douanes….).

Dans ce contexte, il ne faut pas s’étonner que deux profils principaux de cadres supérieur.es ressortent du lot dans nos services : les rampant.es et les toxiques, certain.es cumulant les deux caractéristiques… S’agissant des rampant.es, iels sont très nombreureuses et ont effectué toute leur carrière en rampant et en adoubant leur supérieur .e préféré.e sans aucun sens critique, et lorsqu’iels progressent dans la hiérarchie s’étonnent que des subalternes leur tiennent tête dans l’intérêt du service. S’agissant des toxiques, iels voudraient des agent.es aussi dociles qu’elleux à leur service et essaient de détruire toustes les agent.es qui osent s’opposer à leur pouvoir, peu importe les effets sur leur santé ou même sur le service public rendu, seul compte l’hubris du potentat ! Dans les deux cas, l’important est que leur supérieur.e hiérarchique ait l’impression que leur service fonctionne et de manière quantifiable dans un tableau Excel ! Pour cela il faut bien sûr mettre les problèmes pourtant criants et nombreux sous le tapis, surtout pas de vague, afin qu’iels puissent faire une carrière éclair en bénéficiant de promotions au choix pour service rendu, quand il ne faut pas les sortir de services que leur management a sinistré.

Enfin, après la campagne nationale précarité sans doute inspirée par celle de nos services, on peut redouter une campagne sur le thème « A travail égal - salaire égal ». En effet, si on prend aujourd’hui l’exemple des unités de contrôles, se trouvent des SA, catégorie C ou contractuel.les, des CT, des IT, des DA Inspectants, des DA rucs et des DT Rucs… des grades très différents avec des niveaux de salaires proportionnellement inverses à l’utilité du travail réalisé. Que dire des services SCT/MUTECO dans lesquels le.a chef.fe de service a un grade supérieur à sa.son chef.fe de Pôle pour deux postes dont l’utilité reste à démontrer.

Que d’argent public gaspillé pour des postes inutiles ! Supprimons les postes de chef.fes pour, à la place, renforcer les effectifs de celles et ceux qui ont un métier utile au service public et revalorisons enfin les salaires des catégories C !


Retrouvez notre tract en pj et le tract intersyndical CGT-FSU-SUD relatif aux promotions des catégories C en B


Article publié le jeudi 30 avril 2026