Accueil > Actualités et luttes > Droits des femmes, discriminations sexistes et égalité professionnelle > Égalité salariale dans les ministères sociaux : au lieu d’avancer, on régresse !

Égalité salariale dans les ministères sociaux : au lieu d’avancer, on régresse !

Les inégalités salariales persistent dans les ministères sociaux : l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes y était encore de 15,2 % en 2023 [1] alors que les femmes constituent près de 70 % des effectifs !

Selon la DRH, cet écart s’expliquerait presqu’exclusivement par :
- Le bien nommé « effet ségrégation des corps »  : la sous-représentation des femmes dans les corps et les catégories les mieux rémunérées. En effet, on constate que par rapport à la proportion générale 70/30,
* les femmes sont sous représentées en administration centrale, où les rémunérations sont plus hautes : 62 % seulement contre 72 % dans les services déconcentrés ;
* elles sont sous-représentées dans les grades supérieurs également mieux payés : 65 % en catégorie A contre 76 % en catégorie C.
- Le nombre de temps partiel. Chez nous comme ailleurs, les femmes sont surreprésentées dans les temps partiels : 86 % des agent·es à temps partiel sont des femmes, la proportion augmentant lorsque la catégorie - et donc le salaire - baisse (94 % des temps partiels de catégorie C sont des femmes).

Au lieu d’en tirer les conséquences, les récentes mesures salariales tendent ainsi à renforcer tant « l’effet temps partiel » que « l’effet ségrégation des corps » et aggravent par conséquent ces discriminations indirectes :
- Alors que depuis 2017, la DRH donnait consigne de ne pas proratiser le CIA à la quotité de travail, c’est ce qui a été fait cette année en Île-de-France, et tant pis pour les femmes à temps partiel, notamment pour celles au plus bas salaire qui voient encore leur rémunération amputée (mais jamais leur charge de travail) !
- Alors que les années précédentes, le montant des CIA était commun aux différents grades en IDF, en 2024, le DREETS IDF a imité les autres régions en modulant le montant selon le grade, octroyant ainsi des montants moindres aux catégories C où l’on retrouve plus de femmes.

Pas de progrès non plus en matière d’indicateurs fournis par la DRH. Contrairement à l’index exigé dans le secteur privé (secteur sur lequel le gouvernement souhaite pourtant régulièrement nous aligner), les organisations syndicales ne disposent :
- d’aucune donnée chiffrée femmes/hommes concernant les écarts de rémunération des fonctionnaires par catégorie (A, B, C), par ancienneté, ni même par tranches d’âge.
- d’aucune donnée chiffrée femmes/hommes par catégories concernant le versement du régime indemnitaire (RIFSEEP) composé de l’IFSE et du CIA.
- On aimerait également connaitre le montant des compléments indemnitaires individuelles (CIA) versées aux agentes l’année suivant leur congé maternité, pour constater que les agentes ne sont pas discriminées du fait de leur grossesse...

Les ministères sociaux devraient a minima se conformer à la loi ! Selon les années, certaines données genrées sur la rémunération sont ou non présentées dans les documents soumis aux organisations syndicales.

Alors que nous exigeons un bilan sérieux sur les inégalités depuis plus de 10 ans, l’administration ne cherche pas à établir un état des lieux détaillé qui permettrait de définir précisément les mesures correctives.

Pour nos organisations syndicales, le résultat de l’index égalité (92 points sur 100), jugé excellent par le ministère, masque en réalité des disparités réelles et persistantes entre les femmes et les hommes, notamment en matière de primes et de carrière. Les ministères sociaux s’arrogent un score de 39/40 en ce qui concerne l’égalité de rémunération pour les fonctionnaires, tout en présentant un écart brut de rémunération de 15,2 %.

C’est une preuve supplémentaire que l’index égalité, mis en place et contrôlé dans les entreprises privées, ne reflète en rien la réalité de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.

En tout état de cause, aucune mesure concrète n’a été présentée à nos organisations syndicales pour agir concrètement sur ces inégalités salariales, y compris sur les facteurs identifiés par l’administration !

Nous exigeons des mesures réelles pour agir concrètement sur cet écart de salaire et revendiquons :
- un bilan sérieux sur l’égalité femme/homme et la communication de données plus complètes et précises aux organisations syndicales,
- la mise en place d’actions concrètes pour réduire l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes, notamment l’adoption d’un budget pour un rattrapage salarial et des mesures visant les discriminations directes et indirectes au sein des ministères sociaux,
- une revalorisation des carrières et des rémunérations des catégories C (constituées de 75 % de femmes) !

Ce n’est que par la mobilisation collective que nous obtiendrons des avancées !

Le 8 mars 2025, jour de grève féministe,

Soyons au rendez-vous et en nombre dans les manifestations partout en France !


[1Derniers chiffres communiqués à nos élu·es au CSA national de novembre 2024, via le RSU et l’index égalité


Article publié le dimanche 2 mars 2025