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Zéro charges et maxi profits !

Ce qui est moderne pour les patrons et le Medef c’est zéro impôts, zéro grève, zéro salarié, zéro délai

Depuis une quinzaine, circulent dans nos services des dépliants au contenu inacceptable, « ZERO CHARGES pour les employeurs ».

Intitulés « Zéro charges, un coup de pouce décisif pour les embauches des TPE 2009 », le gouvernement fait une nouvelle« promo de choc », une offre très alléchante : « toute nouvelle embauche en 2009 dans une TPE sera totalement exonérée de charges patronales pour un salarié au SMIC en 2009. »

Alors, il y a le fond, bien sûr : encore une trappe à bas salaires (moins l’employeur paye le salarié moins l’employeur paye de charge), ce qui entraîne une smicardisation de la population active et encore des cadeaux à ceux qui n’en font pas aux salariés ; c’est donc une mesure contre l’augmentation du pouvoir d’achat.

Les LAGARDE, DEVEDJIAN et WAUQUIEZ, souriants signataires de la mesure, ont mis leur photo en vedettes en fin d’opuscule… pour bien faire un clin d’œil électoral appuyé à leurs amis les patrons.

Tout a été dit sur le caractère antisocial de ce gouvernement au service des patrons ; mais sur la forme, arrêtons-nous un instant sur le terme principal employé : « charges », alors que la nature de ces prélèvements sont des COTISATIONS SOCIALES !
En 1945, rappelons que lors de la création de la sécurité sociale, il n’y avait pas de cotisation salariale mais uniquement patronale.

Le terme de « charges » est un glissement sémantique, opéré par les libéraux depuis leur contre-révolution des années 1980 (par les médias, think tanks, « écoles de Chicago » noyautant les institutions mondiales et européennes via des lobbies organisés et charriant des tonnes de propagande sur le sujet). Cela vise à inverser les valeurs, à faire passer ces cotisations pour des charges.
Pourtant, les cotisations dites patronales ne sont qu’une partie du prix du travail non payé (la plus-value) dont on a pensé au départ, qu’on faciliterait le prélèvement sur les salaires en donnant à croire par cette appellation fallacieuse que c’était " le patron qui payait ".
Le salaire différé est cette partie du prix du travail qui n’est pas versée à celui qui a effectué le travail sous forme de salaire direct dont, qu’il utilisera pour ses besoins (santé, maternité, alloc familiales, retraite), mais qui est versée sous forme de cotisations à des institutions dites de protection sociale qui le redistribuent aux salariés et à leurs ayants droit non plus en fonction du travail qu’ils ont fourni, comme le salaire direct, mais en fonctions de leurs besoins.
On peut trouver là un moyen de mesurer le degré de socialisation d’une société : La société est d’autant plus libérale que la part du salaire direct et individualisé est plus grande ; elle est d’autant plus socialiste que la part du salaire différé l’emporte sur le salaire direct.

Ne nous laissons pas polluer l’esprit par le discours dominant et les dépliants de propagande au profit d’une minorité d’exploiteurs du travail d’autrui.

Mettons ces dépliants papier glacé à la benne…pardon, au tri sélectif destiné au papier !

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Article publié le lundi 30 mars 2009